
Le cinéma est un art en constante mutation, et ce week-end, il a prouvé qu’il pouvait encore nous surprendre. Alors que les blockbusters traditionnels peinent parfois à trouver leur public, un film d’horreur indépendant, né sur internet et porté par une vision singulière, a déferlé sur les salles obscures, pulvérisant les records et captivant la Gen Z. Son nom ? Backrooms. Et son succès n’est rien de moins que phénoménal.
Pourquoi le phénomène ‘Backrooms’ fait-il les gros titres ?
Ce n’est pas tous les jours qu’un film, surtout d’horreur et estampillé ‘indépendant’, réalise un démarrage historique. Backrooms, distribué par le studio A24, a engrangé un impressionnant 81 millions de dollars sur le territoire nord-américain lors de son premier week-end d’exploitation, atteignant même 118 millions de dollars à l’échelle mondiale. Ces chiffres ne sont pas seulement excellents ; ils représentent un record pour A24, un studio réputé pour ses productions audacieuses et souvent primées, mais rarement pour des démarrages de cette ampleur.
Mais au-delà des chiffres, ce qui rend ce succès encore plus remarquable, c’est l’identité de son créateur. Le film est l’œuvre de Kane Parsons, un réalisateur de seulement 20 ans. Son ascension fulgurante, d’un phénomène YouTube à la tête d’un blockbuster indépendant, est une histoire qui résonne particulièrement avec l’ère numérique et la capacité des jeunes talents à émerger en dehors des circuits traditionnels.
Ce que l’on sait officiellement du succès
Les données du box-office sont claires : Backrooms a dominé le week-end, attirant massivement les foules, en particulier la génération Z. Le film a été projeté dans 3 442 salles nord-américaines. Ce triomphe s’inscrit dans un week-end où un autre film, Obsession de Focus Features, a également réalisé une performance solide avec plus de 104 millions de dollars, tandis que Mandalorian and Grogu a connu une chute significative de 70% de ses recettes, soulignant un changement de garde dans les préférences du public.
Michael De Luca, co-président de Warner Bros. Motion Picture, a d’ailleurs salué cette tendance, déclarant que des films comme Backrooms Y Obsession ‘sont en dialogue avec leur public’. Il a mis en avant la capacité de ces jeunes cinéastes, souvent issus de plateformes comme YouTube, à capter l’air du temps et à créer des œuvres qui résonnent profondément avec les attentes de leur génération. C’est une reconnaissance significative de la part d’un grand studio.
Ce que ce phénomène peut changer pour A24 et le cinéma d’horreur
Le succès de Backrooms est une aubaine pour A24. Le studio, déjà vénéré pour ses films d’auteur et d’horreur innovants (comme Hérédité, Midsommar O Everything Everywhere All at Once), prouve désormais sa capacité à générer des succès commerciaux massifs sans compromettre son identité artistique. Cela pourrait encourager A24 à investir davantage dans des projets à fort potentiel viral et à donner leur chance à de jeunes créateurs issus de la sphère digitale.
Pour le cinéma d’horreur, c’est une confirmation de sa vitalité et de sa capacité à se réinventer. L’horreur est souvent un genre qui permet aux cinéastes de faire leurs preuves avec des budgets modestes et des concepts audacieux. Le triomphe de Backrooms, avec ses racines dans les ‘creepypastas’ et les légendes urbaines d’internet, montre que le public est avide de nouvelles formes de terreur, souvent plus immersives et connectées à la culture web.
Enfin, l’émergence de Kane Parsons comme ‘le plus jeune cinéaste à avoir un film numéro 1’ est un signal fort pour Hollywood. Elle suggère que les talents de demain ne proviennent pas uniquement des écoles de cinéma traditionnelles, mais aussi des plateformes créatives en ligne. Cela pourrait inciter l’industrie à rechercher activement ces nouvelles voix et à leur offrir les moyens de passer à l’échelle supérieure.
Les points forts à surveiller

- L’effet viral et l’engagement de la Gen Z : Le film capitalise sur une légende urbaine internet populaire, garantissant un public déjà acquis et très engagé.
- La patte A24 : Le studio est synonyme de qualité et d’innovation dans le genre horrifique, ce qui attire une audience fidèle et curieuse.
- Le talent de Kane Parsons : À seulement 20 ans, il démontre une maîtrise narrative et visuelle impressionnante, promettant une carrière à suivre de près.
- Un renouveau de l’horreur : Le film pourrait inspirer d’autres productions à explorer des thématiques et des esthétiques issues de la culture internet.
Ce qui pourrait diviser le public
Bien que le succès soit incontestable, Backrooms pourrait ne pas plaire à tous. Les films d’horreur issus de l’esthétique ‘found footage’ ou des légendes urbaines internet ont parfois du mal à convaincre un public plus traditionnel, habitué à des narrations plus classiques et à des productions aux budgets plus conséquents. L’approche minimaliste et l’ambiance souvent dérangeante des ‘backrooms’ peuvent être perçues comme trop expérimentales ou trop spécifiques à une niche culturelle, risquant de laisser une partie des spectateurs sur le carreau.
De plus, le jeune âge du réalisateur, bien que salué, pourrait soulever des questions sur la profondeur thématique ou la maturité artistique de l’œuvre pour certains critiques ou cinéphiles plus âgés.
Notre avis
Le succès de Backrooms n’est pas un simple coup de chance ; c’est le symptôme d’une industrie en mutation et d’un public qui cherche de nouvelles sensations. Le film incarne parfaitement la fusion entre la culture internet et le cinéma traditionnel, prouvant que les histoires les plus captivantes peuvent surgir de n’importe où, et être portées par n’importe qui, pourvu qu’il y ait une vision forte et une connexion authentique avec une audience. C’est une victoire pour la créativité indépendante, pour A24, et surtout, pour les jeunes talents qui osent briser les codes.
Conclusion
Avec un démarrage record, Backrooms s’impose comme un phénomène à analyser. Il ne s’agit pas seulement d’un succès commercial, mais d’un indicateur puissant des tendances futures du cinéma, où l’authenticité, l’innovation et la capacité à dialoguer avec les nouvelles générations sont les clés du succès. L’industrie du divertissement a tout intérêt à observer attentivement ce qui se passe dans ces ‘chambres arrière’ du web, car c’est là que se préparent les prochains grands succès de demain.